La Castanyada, la fête d’automne des Catalans

Le 31 octobre au soir, pendant qu’une bonne partie du monde se déguise en sorcière, la Catalogne a son propre rendez-vous : la Castanyada. Une fête simple, familiale, qui sent la châtaigne grillée et le feu de bois. Et qui se porte très bien, merci.
Une fête la veille de la Toussaint
La Castanyada se célèbre la veille de Tots Sants, la Toussaint. Pendant des siècles, cette nuit était celle où l’on veillait les défunts. Les familles restaient éveillées tard, sonnaient les cloches pour les morts, et il fallait bien manger quelque chose de chaud et de nourrissant. Les châtaignes, récoltées au même moment dans les forêts du Montseny ou des Pyrénées, étaient parfaites.
Le lendemain, le 1er novembre, beaucoup de Catalans vont encore fleurir les tombes de leurs proches. La Castanyada en est le versant joyeux : on se souvient, mais autour d’une table, ensemble.
Le trio de la Castanyada
Une vraie Castanyada repose sur trois choses.
Les castanyes, les châtaignes. Grillées au feu ou au four, après une petite entaille pour qu’elles n’explosent pas. On les achète dans la rue, dans une paperina, un cornet de papier journal qui vous réchauffe les mains.
Les moniatos, les patates douces. Rôties au four, tout simplement. Douces, fondantes, elles accompagnent les châtaignes depuis toujours.
Les panellets. Ce sont les stars de la fête : de petites boules de pâte d’amande, de sucre et de pomme de terre (ou de patate douce), roulées dans les pignons de pin puis dorées au four. Il en existe aux noix de coco, au café, au chocolat, aux amandes… mais les panellets de pinyons restent les rois. Dans les pâtisseries, on les achète au poids, et les files d’attente s’allongent dès la mi-octobre.
On les accompagne traditionnellement d’un verre de moscatell, un vin doux.
La castanyera
Le personnage de la fête, c’est la castanyera : une vieille dame enveloppée dans un châle, un foulard sur la tête, qui vend des châtaignes chaudes au coin de la rue. Il y en a encore quelques-unes en ville, avec leur petit four fumant.
Dans les écoles, les enfants se déguisent en castanyers et en castanyeres, apprennent des chansons sur les châtaignes, et préparent parfois leurs propres panellets en classe. C’est souvent leur première recette.
Et Halloween ?
Bien sûr, Halloween est arrivé en Catalogne aussi, avec ses citrouilles et ses costumes. Les deux fêtes cohabitent sans trop se disputer : beaucoup de familles font les deux, des bonbons le soir et des châtaignes à table. Mais pour les Catalans, la Castanyada garde quelque chose de plus intime : c’est la fête de la maison, de la cuisine, des grands-parents. Une tradition qui se transmet, mica a mica.
Faire ses panellets à la maison
La recette de base est étonnamment simple :
- 250 g de poudre d’amande ;
- 200 g de sucre ;
- 100 g de pomme de terre cuite et écrasée ;
- 1 œuf (le blanc pour coller les pignons, le jaune pour dorer) ;
- 200 g de pignons de pin.
On mélange l’amande, le sucre et la pomme de terre, on forme de petites boules, on les passe dans le blanc d’œuf puis dans les pignons, on badigeonne de jaune, et 10 minutes au four bien chaud (220 °C). C’est tout.
Les mots de la Castanyada
- Bona Castanyada! : bonne Castanyada !
- les castanyes torrades : les châtaignes grillées
- un moniato : une patate douce
- els panellets : les petits gâteaux aux pignons
- la tardor : l’automne
Bona Castanyada!
Photo : panellets aux pignons, par Judesba (CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons).